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Demeurée tabou pendant des années, la chirurgie intime se démocratise. Un spécialiste évoque cet acte médicale qui relance la confiance et la vie sexuelle des patients.

Entretien avec un chirurgien esthétique spécialiste de la chirurgie intime

 

Vous opérez tout ce qui relève de la chirurgie intime, une spécialité tabou, non ?

Ecoutez, voici quinze ans que j’opère dans ce domaine. Au départ, je représentais une frange très marginale de la chirurgie, mes collègues trouvaient bizarre que je me lance dans ce secteur. Mais aujourd’hui, la chirurgie de l’intime est en pleine expansion et je reçois de plus en plus de demandes de formation de la part de confrères, conscients de son potentiel.

Que proposez vous à vos patients ?

J’ai mis au point une technique de chirurgie pénienne qui vise à agrandir la taille du pénis, soit en l’allongeant, soit en augmentant sa circonférence, souvent en combinant les deux techniques. Quant aux femmes, elles s’adressent à moi pour procéder à la réduction de leurs petites lèvres ou à l’harmonisation de leurs grandes lèvres. Mais aussi pour décapuchonner un clitoris dont la sensibilité se trouve minimisée par un excès de peau ou pour régler un problème de rétraction des mamelons (mamelons dit ombiliqués). Et puis je fais aussi des reconstructions d’hymen pour celles qui souhaitent « retrouver » leur virginité…

Des reconstructions d’hymen ?

Oui… Je ne veux pas juger les pratiques culturelles des autres. J’ai longuement réfléchi à cet aspect des choses et quand une femme ne peut pas épouser l’homme qu’elle aime parce qu’elle en a connu un autre, avant, sur lequel elle s’est trompé, c’est tout à fait triste et ce n’est pas moi qui vais changer le monde dans lequel elle vit. Il faut savoir écouter la détresse des patientes. Je crois que la chirurgie de l’intime apprend beaucoup sur l’humanité en tant que telle.

Vous évoquez l’intervention d’un psychiatre pour aider certains de vos patients ?

Oui, parmi ceux qui viennent me consulter, quelques-uns n’ont absolument pas besoin d’une intervention. Il est parfois très difficile de rationaliser un complexe. A partir du moment où les gens sont inhibés, ils ne réfléchissent plus sereinement. Le psychiatre m’aide à y voir plus clair. Dans les cas où le problème d’un patient ne sera pas résolu par la chirurgie, je refuse d’opérer. Je préfère intervenir sur ceux chez qui le geste chirurgical va avoir un effet bénéfique. En favorisant la sexualité par exemple…

Comment se manifestent les complexes de vos patients ?

On me raconte souvent des histoires similaires. Beaucoup d’hommes qui estiment leur pénis trop petit- renoncent au sport ou à la piscine à cause des fameux coups d’œil jetés dans les vestiaires. Les femmes, elles aussi, sont gênées parce qu’elles ne peuvent pas se mettre en maillot de bain. Elles estiment que leur lèvres ont une forme trop volumineuse ou dépassent du maillot. Elles se plaignent que cela « pendouille » pour reprendre leur mot. Or, effectivement, certaines petites lèvres peuvent être trop longues, trop épaisses ou trop larges. Sans parler des inhibitions sexuelles que tous ces problèmes évoqués engendrent…

Outre les résultats morphologiques, quelles améliorations quotidiennes le patient ressent-il une fois opéré ?

Je dirais que ces opérations de chirurgie plastique, en plus de résultats concrets, physiques, sont le point de départ d’une nouvelle confiance en soi. Je me souviens d’une patiente qui me disait que, dans sa vie sociale, professionnelle, elle avait évolué, rougissant moins quand on parlait de sexe devant elle et se découvrant de nouveaux potentiels. Bon, il y a aussi les coquines qui cherchent à trouver une esthétique du porno et qui en tirent des bénéfices purement libertins. Mais c’est plus rare. Quant aux hommes, le plus souvent, ils récupèrent la puissance virile qui leur faisait défaut. Même si je n’interviens pas sur les problèmes d’érection, si je ne touche qu’à la carrosserie et pas au moteur, je vois de nets changements chez certains qui forment soudain de nouveaux projets d’avenir. Qu’on le veuille ou non, l’homme est un guerrier qui se définit symboliquement par son pénis…

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